Comment Construire un Terrarium
Tract #80 - 1er novembre 1944
par
HENRY TEUSCHER
Jardin Botanique de Montréal

Un appartement chauffé, qui ne possède pas de dispositif spécial d'humidification de l'air, crée toujours de sérieux embarras à l'amateur de plantes. Quels que soient les succès qu'il obtienne durant l'été, dès que le chauffage central est mis en opération, à l'automne, rien ne va plus. Les feuilles de ses plantes jaunissent et tombent; les fleurs ne durent que quelques jours; malgré l'arrosage répété, les plantes robustes comme les Sanseviera ou les Aspidistras se tirent d'affaire. Les fougères ou les plantes à feuillage délicat ne résistent pas.

Heureusement, on a pu mettre au point un procédé très simple qui permet à l'amateur de garder durant l'hiver les plantes fragiles qu'il aime, quelle que soit la sécheresse de sa maison. Il s'agit tout simplement de couvrir les plantes d'un coffre de verre, tel qu'illustré ici, qui gardera l'humidité autour d'elles.

Ce coffre de verre ou terrarium pourra être construit de la même dimension qu'on voudra. S'il est assez grand, on pourra même dépoter les plantes et les disposer à l'intérieur du terrarium à la façon d'un jardin miniature. Si on n'y garde que des plantes pas trop fragiles, on l'agrémentera de quelques batraciens subtropicaux, grenouilles arboricoles ou autres, aux couleurs vives, qui n'endommagent pas les plantes et dont les allées et venues sont intéressantes à observer. On les nourrira de vers ou de mouches et ils animeront en quelque sorte ce jardin miniature.

Le terrarium, par son humidité, sera l'endroit tout trouvé pour faire raciner des boutures de Pelargonium, de Tradescantia ou de toutes plantes habituellement cultivées dans les maisons. Au printemps, pour la même raison, on y fera germer les graines de plusieurs plantes à fleurs estivales, qu'on transplantera dehors dès que l'été sera commencé pour de bon.

C'est près d'une fenêtre qu'on placera de préférence le terrarium, afin qu'il puisse recevoir le plus de lumière possible. Mais, dès que le soleil le frappe directement, il faut s'empresser de le couvrir d'un journal parce que les rayons solaires, traversant les panneaux de verre, iraient brûler les plantes. A noter aussi que le terrarium, dont nous allons expliquer plus loin la construction, est un objet agréable qui ne dépare nullement un salon. Sa construction est très simple. Quiconque a un tant soit peu d'habileté n'aura aucune difficulté à en assembler les morceaux, et il coûtera en plus quelques dollars.

Il existe deux façons d'assembler les panneaux de verre (Fig. 1 et 2.).

La première (figure 1) nécessite le matériel suivant:
2 panneaux de verre de 24 pouces sur 12
2 panneaux de verre de 12 pouces sur 12
1 panneau de verre de 24 pouces sur 12 1/4
8 coins de cuivre nickelé grand format (1 pouce 5/8)
8 coins de cuivre nickelé petit format (1 pouce 1/4)
1 feuille de liège de 36 pouces sur 12, épaisse de 1/16 de pouce
8 vis et 8 noix de 3/4 de pouce de diamètre (6,32)

Comme on le voit par la liste ci-haut donnée, il s'agit, dans le modèle 1, d'assembler les panneaux de verre au moyen de coins de métal de préférence nickelé (le cuivre est moins cher mais il faut le polir fréquemment), de deux dimensions. Les plus grands iront à l'extérieur; les moins grands à l'intérieur. Pour éviter de briser les panneaux lorsqu'on vissera les coins, on placera à l'intérieur de

ces derniers des coussins de liège qu'on taillera de métal. Il est bien entendu qu'on aura pris soin de percer à l'avance les coins et d'écorner les panneaux de verre. Une fois assemblé, le terrarium sera assez solide pour être manipulé sans danger.

Pour construire le modèle 2, il faut le même nombre de panneaux de verre, avec cette différence qu'on les assemblera cette fois avec des baguettes de zinc à cornière (1/4 de pouce). Il en faut 16 pieds. On peut se procurer ces baguettes de zinc chez les marchands ou fabricants de montres et de vitrines. Il faut les tailler soigneusement, assembler les panneaux de verre, disposer les baguettes de zinc à chacune des arêtes du coffre et les souder. Ce modèle paraît peut-être un peu moins bien que le premier, mais il est plus économique et plus solide. La soudure des baguettes de zinc demande un peu plus d'adresse.

Le fond comprend deux parties: d'abord une boîte de bois qui contiendra la terre et les plantes. Pour qu'elle dure le plus longtemps possible, c'est en cèdre qu'il vaut mieux la faire. On percera quelques trous dans sa partie inférieure pour le drainage et on clouera un petit bloc de bois de pas plus d'un quart de pouce de hauteur à chaque coin inférieur, de façon que l'air puisse circuler sous la boîte.

Comme l'amateur de plantes ne tient pas à ce que l'eau se répande par le salon chaque fois qu'il arrosera ses plantes, il faut construire une seconde boîte, imperméable cette fois, ornementale autant que possible, afin qu'elle cache la première boîte et donne au terrarium l'aspect le plus agréable qui soit.

C'est probablement avec le "Masonite Tempered Presswood" qu'on aura le meilleur résultat. Une épaisseur de trois seizièmes de pouce suffira. Ce bois pressé demande à être coupé avec une scie spéciale, à dents fines, la même dont on se sert pour l'acier. Le seul inconvénient du "bois pressé" est de fendre lorsqu'on essaie d'y faire pénétrer clous ou vis. On y remédiera donc en faisant les trous à l'avance. Afin de donner plus de fini au travail, on pourra caler les vis et emplir les cavités avec un mélange de "shellac" et de poussière de "masonite". On donnera plus de sollicité au coffre en le doublant d'un fond en planchettes de cèdre d'environ un demi-pouce d'épaisseur.

Il faut que le fond du terrarium soit imperméable. On verra donc à cimenter les coins avec du "ciment à aquarium" ou à les couvrir de feuilles de métal. On "shellacquera" ensuite à l'intérieur et à l'extérieur. Le bois pressé est lui-même imperméable et il ne gondole pas à l'eau.

La figure 3 indique les détails des doubles coffres qui constituent le fond du terrarium.

On peut, évidemment, assembler le coffre de "masonite" avec des coins de métal, comme on l'a fait pour le coffre de verre (figure1).En ce cas, ne doublons pas le fond de planchettes de cèdre; il sera trop épais et les coins ne pourront tenir l'ensemble en place. On veillera à boucher toutes les fissures, spécialement autour des vis, avec du ciment à aquarium. Un toile de canevas, enduite de colle, appliquée à l'intérieur du coffre, le rendra imperméable.

Ceux qui ne sont pas suffisamment rassurés sur l'imperméabilité du coffre pourront toujours le compléter d'un plateau de métal placé entre les deux coffres de bois qui constituent le fond du terrarium.