Le Bouleau Enseigné par l'Image
Tract #73 - 1er décembre 1943
par
FRÈRE PAUL, f.e.c.

Les Indiens, dont la "culture" primitive reposait en grande partie sur le Bouleau, comme aussi les anciens Canadiens, nos pères, ont apprécié et employé surtout l'écorce imperméable et souple de l'arbre blancs. Mais l'industrie moderne travaille aussi son bois.



1. - Les Indiens recherchaient l'écorce du Bouleau pour la construction de leur canot d'écorce, admirable oeuvre d'art.



2. - Ils utilisaient cette écorce dans la confection d'un grand nombre d'objets usuels. paniers, chaudières, etc. Leur habitation rudimentaire (wigwam) était faite de bandes d'écorce posées sur des perches. Le chasseur sauvage appelait l'orignal en imitant, au moyen d'un cornet d'écorce, le cri (bramée) de la femelle.


3. - Les torches d'écorce de Bouleau éclairaient dans la nuit le pêcheur au dard. On façonnait avec cette même écorce des «casseaux» aux formes diverses, servant au moulage du «sucre du pays » et à la cueillette des fruits. Durant les soirées d'hiver, nos ancêtres faisaient des récipients pour recueillir, au printemps, la sève de l'érable.



4. -L'écorce du Bouleau est encore la ressource principale de ceux qui vivent dans la forêt, pour allumer le feu. Le touriste qui veut envoyer à ses amis un souvenir de la forêt du Nord écrit quelques mots sur une carte postale d'écorce de Bouleau.
On peut faire du sucre de la sève du Bouleau. La sève coule abondamment, mais il en faut une très grande quantité pour donner une petite quantité de sucre.



5. -Les bobines à fil (fuseaux) sont généralement avec le bois du Bouleau préparé surtout en Gaspésie sous le nom de « bois de fuseau ». On emploie aussi le Bouleau pour la f abri. cation d'objets tournés, de cure-dents et de centaines d'autres articles.

6. - Le Bouleau ne se rencontre que dans le nord de l'Amérique. C'est une essence forestière presque exclusivement canadienne.

7. - Le Bouleau est n ne plante mon6ique, c'est-à-dire que les chatons de fleurs mâles (A) et les chatons de fleurs femelles ou pistillées (B) se trouvent sur le même arbre. Le vent printanier transporte les grains de pollen et la fécondation s'opère. Peu après, les chatons mâles tombent, et les chatons femelles se développent. L'hiver venu, ceux-ci se disloquent (C) et les graines ailées, (D) répandues sur la neige durcie ou le verglas, sont chassées à de grandes distances. La fonte " neiges abandonne partout ces graines, dans les terrains ravagés par les feux de forêt, où elles germent en plein soleil.

8 - L'écorce du Bouleau (A) s'enlève par feuillets minces qui ont en réalité du liège. Chaque feuillet représente le travail annuel (B) du cambium subéreux (cellules qui forment, multipliant, le liège des plantes ligneuses). Les courtes ligne horizontales (lenticelles) que l'on observe sur ces feuilles soi fenêtres qui laissent pénétrer l'air. Les cellules des lenticelle sent entre elles des espaces appelés " méats ". Un champignon Polypore du Bouleau (C), se développe souvent sur l'arbre et i le bois, laissant I'écorce intacte.

9. -Depuis que la forêt existe dans nos Laurentides, histoire de lutte et de conquête se répète d'âge en âge. La voici en deux mots. Le feu détruit une forêt de Conifères (A, B). Bientôt un bois de Bouleaux règne sur tout cet espace (C).

10. - Mais de sombres Conifères, qui ne craignent pas l'ombre légère, grandissent au milieu des Bouleaux (D). Petit à petit ces envahisseurs font disparaître l'ancien peuplement qui ne se renouvelle pas parce que les graines du Bouleau ont besoin de la lumière pour germer (E). Et après un demi-siècle, nul ne p( dire qu'il y eut ici, en place de cette forêt de Pins ou d'Épi un peuplement pur de Bouleaux. La forêt maintenant est dite en équilibre (F).