Excursion au bois
Au cours de l'excursion, il ne faut jamais perdre de vue que la forêt forme un ensemble équilibré ou milieu écologique où tous les êtres sont dépendants les uns des autres à certains points de vue.
Caractéristique du bois
Le bois que vous visitez est-il un bois de résineux ou bois de conifères, un bois feuillu ou bois d'arbres à feuilles caduques, un bois mixte de conifère et de feuillus? Les deux premiers ne comportent pas les mêmes espèces d'arbres, c'est évident. Vous ne trouverez pas, non plus, les mêmes espèces de plantes sous un bois de feuillus. Différente aussi est la faune.
Le bois peut être dense, impénétrable au soleil, ou parsemé de clairière; il peut être sec ou très humide, même marécageux, rocheux, sur un terrain incliné. Notez s'il est sur un versant exposé au nord ou au sud.
Si vous visitez plusieurs bois, vous constaterez vite les différences; essayez alors de trouver ce qui entraîne ces différences.

Les arbres
A - Les conifères ou ceux qui produisent des cônes. Arbres dont les feuilles sont des aiguilles ou des écailles. Essayez de distinguer les suivants:
Le thuya, qu'on appelle cèdre: feuilles en écailles imbriquées, formant des rameaux plats.
Le pin: aiguille groupées par 5: pin blanc; par 2-3: pin gris; par deux très longues: pin rouge.
Le mélèze: aiguilles groupées en rosettes, molles, d'un vert tendre.
Le sapin: aiguilles non groupées, formant un rameau plutôt aplati; elles sont plates et ne roulent pas entre les doigts et s'arrachent bien; écorce lisse.
L'épinette: aiguilles non groupées, distribuées tout autour du rameau, piquantes; elles sont carrées et roulent entre les doigts, se détachent mal; écorce rugueuse.
La pruche: aiguilles plates disposées comme celles du sapin, plus petites, non pointues, avec court pétiole, pâles en dessous; grand arbres à écorce rougeâtre.
Remarquez que les cônes du sapin sont dressés, ceux de l'épinette sont pendants. Recueillez différents cônes et comparez-les; cherchez les deux graines ailées couchées sur chaque bractée.
B - Les feuillus
Le moyen le plus facile de les identifier, c'est pas la feuille, à l'aide d'un livre illustré. Voici quelques indications qui vous aideront.
Le hêtre a un tronc droit, de diamètre égal, à écorce lisse gris bleu.
L'aulne est un petit arbre au bord de l'eau ou dans les endroits très humides, il produit de petits cônes noirâtres. Sa feuille ressemble à celle du coudrier ou du noisetier, arbuste qui produit les noisettes longues et piquantes.
Les saules sont plutôt des arbustes à feuilles étroites, allongées et dentées.
Le tremble a de petites feuilles triangulaires qui tremblent à la moindre brise, l'écorce est vert jaune grisâtre.
Le bouleau a une écorce blanche en feuilles, avec des cicatrices horizontales.
Le merisier a l'écorce brillante et argentée.
Le chêne a de grandes feuilles à découpures profondes.
Le tilleul a de grandes feuilles presque rondes et non symétriques.
Tous connaissent l'érable à sucre avec sa grande feuille à cinq divisions et son écorce très crevassée; l'érable rouge a une feuille finement dentée et l'écorce barrée verticalement; l'érable à épis est tout petit, il a des feuilles à trois lobes et très dentées, de longue grappes de samares.
Le sous-bois
À l'ombre des arbres, remarquez la grande variété de nos belles fougères dont les feuilles forment des frondes poussant en touffes; vous verrez sous les feuilles de petites taches brunes régulières: ce sotn les sporanges qui contiennent les spores servant à produire de nouvelles fougères. Dans les clairières et au bord des bois pousse une grande fougère robuste dont les feuilles sont étalées à l'horizontale à une bonne distance du sol. Des rochers sont recouverts d'un tapis de petites fougères dont les frondes poussent sur un rhizome de longueur indéfinie: ce sont les polypodes de virginie appelés tripes de roche.
Cherchez également ls lycopodes, plantes formant de long courants verts sur le sol ou de petites touffes isolées, d'un vert jaunâtre ou très foncé; ils portent des épis dressés, très riches en poussière jaune ou spores; des mousses en tapis moelleux ou en boules compactes; des lichens, croûte grise et sèche incrustée sur les roches et les écorces, ou tapis moelleux ou en boules compactes; des lichens, croûte grise et sèche incrustée sur les roches et les écorces, ou tapis de petite plantes grises de forme irrégulière. Tout ce groupe de plantes joue un rôle important: elles conservent l'humidité du sol et forment l'humus si riche du sous-bois.
N'oubliez pas les champignons de toutes sortes, de toutes les couleurs, qui poussent isolés ou en masse sur les arbres, les souches et les troncs pourris, dans la mousse.
Il reste toutes les plantes à fleurs qui vivent dans le sous bois. Impossible de les énumérer toutes. C'est à genoux qu'il faut les examiner, si vous avez la chance de les découvrir dans le tapis d'aiguilles sous les conifères: le merveilleux sabot de la vierge, le monotrope blanc comme cire, l'habénaire avec ses deux grandes feuilles entières toutes à la base et ses baies bleues; le petit prêcheur debout sous l'abat-voix coloré de sa chaire, dans les endroits très humides; la linné dont la double rangée de petites feuilles rampe sur la mousse en dressant ses clochettes roses; ne manquez pas de goûter aux petits fruits blancs cachés sous les feuilles du chiogène qui court dans la mousse en compagnie de la linné. Que d'autres merveilles encore!
Les bestioles
Peut-être avez-vous l'impression que, à part les plantes, il n'y a guère de vie dans le bois. Détrompez-vous!
Voyez, là, cette souche pourrie ou ce tronc d'arbre mort. Soulevez doucement l'écorce ou fouillez dans la souche à l'aide d'un bout de branche : voici des oeufs minuscules, des larves qui se recroquevillent, des petits coléoptères qui s'enfuient éperdument. Soulevez cette pierre par un côté : des scolopendres, des iules, des mille-pattes, des cloportes, des vers, des coléoptères s'indignent s'indignent de votre indiscrétion et déguerpissent. Grattez les feuilles mortes à demi décomposées: des limaces visqueuses y ont tracé des pistes de bave et y vivent à l'aise . Des araignées variées étirent leurs fils un peu partout.
Vous comprenez facilement à quel point toutes ces bestioles dépendent de la végétation qui constituent un bois et un sous-bois, assure l'humidité et fournit une abondante nourriture de débris végétaux. Si vous vous immobilisez pendant quelque temps, vous entendrez un insecte grignoter sous l'écorce, un campagnol ou une souris fureter dans la mousse à vos côtés, un pinson en quête d'insectes dans les feuilles mortes, un pic en train d'ausculter un tronc, une fauvette et une mésange qui inspectent tous les recoins d'une épinette; soudain, un suisse vous fera sursauter. Tout cela agrémenté de la mélodie d'une grive des bois, d'un viréo aux yeux rouges ou d'un pinson à gorge blanche au sommet d'un arbre.
Après cette tourné, vous rentrez au chalet, les nerfs détendus. Le soir, vous êtes tout disposé à contempler les étoiles, centuplées par la nuit noire, et à goûter le silence impressionnant de la campagne, coupé par le monologue interminable du bois-pourri, le dialogue des hiboux dans la montagne et le concert des grenouilles au bord du lac.